Ventes live - Lot 105

Longue et intense lettre d'exil

CÉLINE, Louis-Ferdinand

Lettre aut. s. à "Mon cher vieux" [Jean-Gabriel Daragnès].

[Korsør], "Le 22" [c. 1950]

€ 2.000 / 3.000

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Description du lot

8 pp. sur 4 ff., 34 x 21 cm, num. 244d-247d au crayon d'une autre main, encre bleue sur papier vergé, s. "LF Céline", contresigné "Lucette" (lég. plis dus à l'envoi).

Exceptionnelle lettre de Céline en exil avec son épouse Lucette au Danemark après son procès pour trahison en 1945. Il passe les trois premières années à Copenhague où il est interné. En 1948, le couple s'installe dans une ferme appartenant à l'avocat de Céline, Thorvald Mikkelsen. La lettre débute en douceur par des remerciements à son correspondant et ami, probablement le peintre et graveur montmartrois J.-G. Daragnès, pour son soutien et celui de sa femme "après tant d'années ! De quoi lasser les anges !", puis il ajoute "Oh ne t'en fais pas pour le petit froid survenu avec Mik[kelsen] ! Mon Dieu c'est un gros bébé archi gâté de 67 ans d'âge ! Jamais souffert une seconde de sa longue vie, déjà bien extraordinaire qu'il nous tolère chez lui !". À partir de la 2e page, le ton change brusquement et l'auteur laisse éclater sans retenue sa misanthropie : "La psychologie et la morale sont [...] des sports pour douairiers archi riches et archi enculés, des vétilles pour mondains cocainomanes. L'animal, mon chien [Bessy], mon chat [Bébert], se foutent tu penses de ma psychologie [...]" ; "Oh là là mais alors tu penses si j'ai l'horreur des pamphlets même de vague allure politique ! Bisque ! Triple bisque ! A d'autres la place ! Moi je m'en fous effroyable[men]t . Vive les Juifs ! Vive le Capital ! Vive la Commune ! Vive la Lune ! Vive Quinquin ! Vive celui qui me foutera [sic] la paix ! Je n'ai plus aucune opinion sur ce que forniquent les hommes, aucune [...]". Il évoque rageusement son ex-ami Oscar Rosembly, qui a dévalisé "en équipe" (avec d'autres membres des F.F.I.) son appartement à la Libération de Paris : "Personne parmi ces preux ne songe à monter chez [Yvon] Morandat lui demander si des fois il ne resterait pas une paire de draps ! dont j'ai bigrement besoin!". Morandat, grand résistant français, a occupé l'appartement réquisitionné de Céline après sa fuite. Céline l'accusait - à tort - d'avoir "volé" ses manuscrits. "Je me dirais : c'est mon hystérie personnelle, si je ne savais pas que si 100 000 et 100 000 dans mon cas ressentent exactement kif ! Oh quel potentiel dangereux ! Si tu savais ! Cette haine plus forte que la mort et que la vie ! Que la digue crève oh les bourgeois ne savent pas ce qu'ils verront [...]. Je t'aime bien tu le sais. Je t'estime, le seul. Je te le dis : l'effroyable danger est là, le diable, ce nihiliste ! [...] "Je t'embrasse bien, Lucette t'embrasse, toute notre reconnaissance et mille gratitudes à ta femme".
Avec certificat d'exportation pour un bien culturel.

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